Vivre, c’est vieillir


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Parce que vieillir n’est pas une maladie. Parce que vieillir n’arrive pas qu’aux autres.

Les premières images de ma mère tournées en 2002 sur une plage bretonne sont celles du temps des vacances et de l’insouciance. J’ai 34 ans, ma mère tout juste 70. Ma caméra se laisse guider par ces moments simples de détente familiale que l’on voudrait toujours garder en mémoire. Rien de plus.

Mon regard s’est déplacé lentement lorsque j’ai observé par petites touches à peine visibles, les effets du temps qui passe sur ma mère. Un geste un peu moins précis. Un périmètre de vie qui se rétrécit subrepticement. Une incertitude grandissante sur l’avenir. Un immuable qui devient peu à peu instable. Se rassurer en gardant des traces de vie au fond d’un tiroir ne suffisait plus.

Aidée par la caméra pour regarder la réalité en face, je me suis alors plongée dans une aventure documentaire pour témoigner de la vieillesse de ma mère, et de la mienne en miroir.
Sans savoir ce qui adviendrait, ni jusqu’où je serais capable de filmer.

Seulement portée par l’intuition que filmer la vieillesse revient à filmer une lente métamorphose propre à notre destinée humaine. Cette traversée du temps, entre petits riens du quotidien et tiraillements existentiels, s’est révélée d’une richesse insoupçonnable. Dans les situations vécues, dans les silences comme dans les paroles.

18 ans se sont ainsi écoulés entre les images de la plage bretonne et celles de la chambre n°45 dans un EHPAD du Pas-de-Calais. Entre les deux, des espoirs, des ruptures, des choix cruciaux, des sourires dans le quotidien d’un quartier populaire de la banlieue lilloise.
Dans ce mouvement il est question de LA vie qui palpite et continue inlassablement d’étonner dans ses infimes scintillements. Il est aussi question de séparation, de solitude, d’enfermement, de dignité. Et de la mort au bout du chemin. Très loin de la tyrannie discrète et séduisante du bien vieillir.

Le film rend visible cet enjeu social et humain majeur que notre société n’a pourtant de cesse de masquer, ou de déformer pour rendre moins inacceptables ces fins de vie désolées.

Et si, parce que nous partageons la même humanité, un autre modèle était envisageable ?

Blandine Delcroix

Contactez-moi pour obtenir le mot de passe…

Synopsis

Ma mère avait plus de 88 ans quand elle est discrètement apparue une dernière fois dans le cadre de la caméra. 18 ans durant, j’ai filmé les fragments de son quotidien modeste dans un quartier populaire de la banlieue lilloise. Les minuscules détails de la lente et inexorable vieillesse qui s’immiscent dans la vie d’une femme et d’une mère. Un quotidien où se succèdent des moments drôles ou cruels, choix lucides et espoirs encore possibles. Celui aussi parfois du déni et du mythe de l’éternelle jeunesse. Jusqu’au dernier souffle de vie.


Fiche technique

Un film écrit et réalisé par BLANDINE DELCROIX
Produit par BEN SALAMA MICHELE FOURNIOLS
Image et son BLANDINE DELCROIX
Montage THOMAS MARIE
Images additionnelles LAURENT JAFFIER
Mixage JEAN-CHARLES CARON
Étalonnage LAURENT JAFFIER
Musique originale JEAN-CHARLES CARON
Moyens techniques A CONTRARIO PRODUCTION TREEPIX

Copyright:
A CONTRARIO PRODUCTION / SMT WÉO / PICTANOVO

Durée : 54′


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